notre voyage à la découverte du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine...

Lima (26-28 septembre)

C’est parti pour tenter de tenir un blog sinon quotidien, du moins aussi régulier que possible, sur notre périple en Amérique du Sud, qui a commencé lundi 26 septembre et doit nous faire découvrir, au moins en partie, quatre pays, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine...

Le premier pays visité étant le Pérou (1 285 216 km2, environ 32 millions d’habitants), notre première étape a été Lima pendant quarante-huit heures. Signe des temps, la pandémie de Covid-19 qui a été durement ressentie, continue, malgré un niveau de contaminations modéré, de marquer le quotidien des Péruviens (contrôle aux frontières, port du masque obligatoire dans les transports et dans de nombreux lieux publics, et très répandu ailleurs, même dans la rue).


Arrivant de nuit dans un pays inconnu, nous avons joué la sécurité et fait confiance à tous ceux qui recommandent de prendre un taxi d’une compagnie ayant un comptoir à l’aéroport (dont les environs sont réputés particulièrement dangereux, surtout la nuit). Pour autant, c’est au moment où on quitte l’aéroport que l’on a le sentiment que réellement l’aventure commence…


Attente dans l’aéroport qu’un chauffeur de taxi de la compagnie retenue vienne nous prendre en charge


Notre première vraie journée péruvienne a été consacrée à la découverte de Lima. La ville a été fondée en janvier 1535, au moment de l’Épiphanie, par Francisco Pizarro sous le nom de Ciudad de los Reyes, en référence aux Rois mages, au bord du río Rimac. C’est aujourd’hui une ville tentaculaire qui concentre avec son agglomération près d’un tiers des Péruviens.


Notre base arrière a été un hôtel dans le quartier à la mode de Miraflores. Dans une ville dépourvue de métro, le seul transport en commun est le bus. L’itinéraire pour rejoindre le centre ancien de Lima emprunte une avenue rectiligne qui semble sans fin, l’avenida Arequipa. Le centre historique est en cours de piétonnisation. La voirie est en train de subir une véritable métamorphose. Pour l’heure, c’est un vaste chantier.


Nos pas nous ont portés d’abord à la plaza San Agustin où se dressent la basilique et le couvent qui ont donné leur nom à la place. La façade est caractéristique du style baroque churrigueresque. Surchargée d'ornements, sculptée dans la pierre, elle a été achevée en 1710. En chemin, nous avons apprécié un grand nombre d’habitations traditionnelles avec leurs balcons en bois, emblématiques du vieux Lima.







La majestueuse plaza Mayor est bordée d’un côté par le palais présidentiel, d’un autre par la cathédrale et sur les deux autres, de bâtiments de style colonial. Au milieu trône une fontaine. L’intérêt de la cathédrale tient tout à la fois à son imposante façade flanquée de deux tours, à sa nef élancée et à une succession de chapelles richement décorées. La première est toute entière dédiée au conquistador Francisco Pizarro assassiné non loin de là : sépulcre, mosaïques, boite ayant renfermé son crâne, reproduction de son squelette... 





Représentation des dirigeants espagnols et des chefs incas à un moment donné




Nous avons fait une pause dans un petit restaurant de quartier pittoresque fréquenté visiblement uniquement par des gens du cru et non des touristes. Au menu, notre premier ceviche, servi comme il se doit au Pérou avec de la patate douce ! 



Nous avons passé un long moment à visiter la basilica et le covento de San Francisco de Asis et ses étonnantes catacombes très prisées des touristes.







Après un détour par une ancienne gare, qui abrite la Casa de la literatura peruana et réserve un espace central à Mario Vargas Llosa, nous avons visité le couvent de saint Dominique, moins prisé que celui de San Francisco en raison sans doute de l’absence de catacombes, mais tout aussi intéressant sur le plan architectural et ornemental. L’ascension du clocher nous a permis de prendre la pleine mesure de l’étendue de la ville, mais aussi de sa laideur (urbanisme anarchique, architecture sans charme mis à part quelques bâtiments classiques, toits terrasses hideux).


Verrière de la casa de literatura peruana

Au loin, vues du clocher, quelques favellas…

Ici ou là, on tombe sur un petit auto entrepreneur : cireur, rémouleur, vendeur ambulant...







Nous sommes ressortis à la nuit tombée, avons repris le bus et emprunté de nouveau une grande partie de l’avenida Arequipa pour rejoindre un grand parc qui propose un « circuit magique de l’eau ». Différentes fontaines sont illuminées. Le visiteur peut même passer sous un ensemble de jets formant une voûte, non sans subir quelques gouttelettes au passage. Un montage audio-visuel évoque l’histoire du pays en prenant comme support, un voile d’eau.



La première demi-journée de mercredi nous a permis de visiter les ruines de Huaca Pucclana. La redécouverte du site archéologique et les prémisses de sa mise en valeur ne datent que du début des années 1980. Initialement, il couvrait près de vingt hectares, mais il n'en compte actuellement plus que six. Cet ensemble pyramidal très complexe date de la civilisation Wari (apparue au Vsiècle de notre ère dans la région d’Ayacucho entre 800 et 1000 après JC). Il est formé de briques en terre crue placées verticalement et non horizontalement comme habituellement dans l’architecture traditionnelle. Un espace de quelques millimètres est préservé entre chaque brique. Grâce à cette technique astucieuse, l’édifice a pu résister aux tremblements de terre. De nombreux restes de femmes sacrifiées ont été retrouvés au fil des fouilles. Il semble que, dans la culture Lima (ancienne civilisation précolombienne qui a existé autour de la ville de Lima, entre 100 et 650 de notre ère), le plus grand sacrifice était celui d'une femme précisément parce que ce sont elles qui donnent la vie. Le site a ensuite été utilisé comme cimetière par les civilisations qui se sont succédées. Un potager a été aménagé avec les espèces cultivées à l’époque. Enfin, nous avons vu nos premiers alpagas...




Tombe précolombienne (les corps y sont maintenus en position accroupie)


En bus rapide (il utilise une voie sanctuarisée, dont même les taxis sont exclus), nous avons rejoint Barranco, un quartier pittoresque de Lima, au sud de Miraflores, une ancienne petite cité balnéaire. Nous avons fureté dans les rues bordées de petites maisons qui ont connu des heures plus fastes, et de murs couverts de dessins, purs produits du street art. Un gros travail de restauration serait à envisager pour sortir le quartier de sa décrépitude, qui fait paradoxalement partie de son charme.


L’importante infrastructure réservée aux autobus en site propre



Un exemple rare de restauration réussie



Nous découvrons aussi la cuisine péruvienne qui réserve des surprises agréables au palais : papa rellena, aji de gallina, pollo saltado, tres leche en dessert… Tout cela accompagné d’un délicieux verre de « Hierba luisa con gengi »  : jus de verveine-citronnelle (également connue sous le nom de verveine odorante ou verveine du Pérou), citron vert et gingembre. Nous avons ensuite repris l’avion à destination d’Arequipa, seconde ville du pays, à environ 765 km à vol d’oiseau en direction du Sud, notre deuxième étape. A suivre…

Aji de gallina

saltado de pollo (plat typique de la cuisine « chifa », d’influence chinoise)