Nous avons commencé notre exploration du centre historique d’Arequipa, en y allant vraiment progressivement, sans hâte, en ménageant nos forces (et pour moi mon souffle) et en nous ménageant des pauses dans notre appartement vraiment bien situé, très proche des principaux centres d’intérêt.
Le centre historique est le fruit d’une combinaison d’influences et de la nécessité de prendre en compte l’activité sismique. Le dernier séisme important date du 27 juin 2001… Son architecture est illustrée par les murs robustes, les arcades, les porches, les voûtes, les cours et les espaces ouverts, avec une forte influence autochtone dans la décoration baroque et élaborée des façades. Les bâtiments sont construits essentiellement dans une roche volcanique blanche ou légèrement rose, le sillar. Au-delà de la somptuosité de ses monuments religieux, le mérite de ce centre réside aussi dans la profusion des nobles casonas, maisons vernaculaires caractéristiques aux proportions bien équilibrées ; le centre historique en compte quelque 500. « L’espace urbain pénètre à l’intérieur des pâtés de maisons par le biais de grandes portes et de grands couloirs donnant sur les cours où sont reproduites les sculptures des façades, accentuant ainsi la continuité spatiale. Les portes et les fenêtres sont flanquées de piliers et couronnées de frontons en saillie qui se marient aux grands murs. La sobriété ornementale des porches s’harmonise avec la forme des voûtes, les corniches en saillie et les encorbellements sculptés. Les fenêtres étroites laissent pénétrer la lumière dans les arches semi-circulaires et sous les toits voûtés ».
Dans un angle de la Plaza des Armas se dressent l’église et les cloîtres de La Compañia, l’ensemble le plus représentatif de la période du baroque mestizo de la fin du XVIIIe siècle. À l’intérieur, le maître autel monumental est orné d’un immense retable de bois sculpté doré du XVIIIe s, influencé par l’école de Cuzco. Il est flanqué d’autels eux aussi imposants dans les deux bras du transept.
L’ancienne sacristie a été transformée en chapelle dédiée à saint Ignace. C’est un véritable bijou avec son dôme polychrome du XVIIe siècle, aux couleurs pleines de lumière. Elles auraient été faites avec des anilines brillantes et de la graisse animale. C'est pourquoi elles ont résisté au passage du temps. L'auteur ou les auteurs anonymes ont peint des motifs tropicaux, des plantes et des fruits de ces lieux. Dans les pendentifs, se détachent les portraits des quatre évangélistes avec leurs symboles. Les murs sont eux aussi couverts de fresques reproduisant le même genre de motifs.
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| colonnes du petit cloitre adjacent à l’église |
Un peu plus loin, la cathédrale dont la longue façade est surmontée de deux campaniles pointus, occupe tout un côté de la plaza.
Nous avons contourné la cathédrale par la droite pour rejoindre l’iglesia san Agustin. Seule la façade baroque très ouvragée présente de l’intérêt.
Nous avons passé un moment à l’heure du déjeuner au marché central, un lieu particulièrement pittoresque. On peut y manger sur le pouce, ce qui nous a permis de faire honneur à un copieux ceviche et un généreux poivron farci accompagné d’un gratin de pommes de terre, et de boire un peu plus loin à un stand dédié aux jus de fruits, un cocktail composé au choix du consommateur parmi un étonnant assortiment de fruits pour la plupart très exotiques.
Les étals qui attirent le plus le regard sont ceux de fruits et légumes. Nous avons été attirés notamment par la diversité des pommes de terre. Il est vrai que le Pérou passe pour en être le berceau. “Elle a vu le jour dans les Andes, à la frontière entre la Bolivie et le Pérou, où elle poussait à l’état sauvage. Les premières traces de culture que l’on a retrouvées datent d’il y a 7000 ans. Seule culture résistant bien à la rudesse du climat péruvien jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude, sur les abords du lac Titicaca, des communautés de chasseurs cueilleurs domestiquèrent les nombreuses espèces qui y poussaient. A l’époque, il existait près de 200 espèces sauvages de pomme de terre, mais les agriculteurs ont progressivement sélectionné et amélioré les spécimens les plus savoureux et les mieux adaptés à la culture, donnant ainsi naissance à une variété extrême de pommes de terre. Sous l’empire Inca, elle était essentiellement consommée déshydratée par exposition au gel et au soleil. Avec l’arrivée des conquistadors espagnols, ce tubercule a traversé pour la première fois l’Atlantique vers 1570. Timidement, elle fait son entrée en Italie puis en France et en Allemagne. Vers le milieu du 16e siècle, c’est grâce aux Anglais qu’elle est adoptée par l’Europe du Nord. C’est au 18e siècle seulement, grâce à Parmentier, qu’elle devient enfin une culture d’ampleur en France. Ce pharmacien convaincu de ses qualités nutritives, fit planter aux alentours de Paris des pommes de terre gardées seulement le jour. Une mesure qui attisa la curiosité des habitants, qui venaient la dérober durant la nuit. C’est le début d’un succès qui ne s’est depuis, plus démenti”.
En fin d’après-midi, nous avons été voir le convento-museo « San Francisco de Asis ». Ce n’est sûrement pas un incontournable d’Arequipa, mais quand on n’est pas pressé, il mérite un détour. La visite commence par un arrêt dans la cellule occupé par un ancien ténor mexicain devenu acteur hollywoodien des années 1930 José Mojica (1895-1974) avant de se convertir corps et âme, sous le coup d’une dépression nerveuse, au franciscanisme en 1942 sous le nom de fray José de Guadalupe Mojica. Un peu plus loin, la salle Juan Duns Scoto réunit des peintures de l’école de Cuzco du XVIIe siècle. La salle capitulaire conserve une vaste fresque représentant l’arbre généalogique de l’ordre des Franciscains, ainsi qu’une représentation de la Cène. Les galeries qui dominent le cloître, offrent une très belle vue sur les volcans entourant la ville. L’église elle-même date du XVIe siècle. Son autel du XVIIe siècle est recouvert d’argent. Depuis les toits-terrasse du couvent on voit parfaitement deux des trois volcans qui dominent la ville et qui sont à l’origine de l’importante sismicité de la région.
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| statue représentative du style doloriste très présent dans les églises péruviennes |
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| La ville est entourée de trois volcans |
En chemin, en passant devant une librairie qui annonçait la traduction en quechua de l’ouvrage de Saint-Exupéry, je me suis remémoré le roman de Michel Bussi, « Code 612 », que j’ai lu récemment et qui évoque le rayonnement mondial du « Petit Prince »,
Par la calle Santa Catalina, nous avons rejoint la plaza des Armas pour jeter un coup d’œil sur l’intérieur de la cathédrale. En fait, autant son architecture extérieure est imposante, autant l’intérieur est très décevant.
Quand nous avons retrouvé la plaza des Armas, c’était l’heure un peu magique où la nuit commence à tomber et où les lampadaires et les projecteurs s’allument et mettent en valeur tous les édifices qui bordent la place et le parc aménagées son milieu. Elle grouille d’une foule bon enfant. Les passants squattent les marchés devant les grilles de la cathédrale et les bancs publics. Les amoureux se donnent rendez-vous, les familles se promènent, les touristes flânent, les marchands ambulants prolifèrent. Ce soir, une formation militaire musicale jouait pour les badauds qui allaient et venaient, tandis que les partisans d’un des candidats aux prochaines élections locales du 2 octobre manifestaient pacifiquement et en ordre autour de la place en agitant des oriflammes.

































Merci à vous deux de nous permettre de voyager par procuration bises
RépondreSupprimerLes photos sont très réussies et les commentaires nous permettent de vous suivre heure par heure .Des instants magiques sur la place à la nuit tombante.Bisous bisous.Elisabeth
RépondreSupprimermerveilleux souvenirs j'ai adoré Arequipa voyage en 1983.......les commentaires sont très complémentaires des photos merci et bonne route Françoise
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