notre voyage à la découverte du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine...

Araucanie et région des lacs (25, 26 et 27 octobre)

Un tir groupé (du 25/27 octobre) pour couvrir l’Araucanie et la région des lacs et… combler le retard du blog avant d’entamer le dernier chapitre du périple sud-américain… 

Mardi 25 Octobre 2022 - Santiago du Chili / Temuco / Freire / Melipeuco


Toutes les meilleures choses ont une fin. L’intermède « tout confort » à Santiago du Chili s’est terminé ce matin, quand Sergio nous a déposés vers 8h30, à l’aéroport Arturo Merino Bénitez du nom d’un comodoro (1888-1970), créateur en 1930 de l’armée de l’air chilienne, pour nous permettre de prendre le vol Sky de 10h06à destination de Temuco. Tant Olivier que moi avons profité pendant quatre jours, de toutes les attentions dont nous avons fait l’objet de la part de la famille Carranza. Une vraie période de convalescence pour nous remettre sur pied, moi surtout, pour la dernière partie du voyage !

Tout au long du vol, j’ai apprécié le spectacle de la cordillère des Andes qui défilait à travers le hublot avec ses sommets enneigés et ses cônes volcaniques.


Notre Airbus s’est posé peu avant 11h30 sur la piste du petit aéroport de La Araucania (et non sur celle de l’aéroport Maquehue, plus proche de Temuco, d’où un petit quiproquo avec le loueur de véhicules). Une fois de plus, nous avons dû recourir à l’assistance de Sergio, notre ange gardien, pour contourner l’incapacité des réseaux bancaires chilien et français, à s’entendre pour permettre au détenteur de carte Visa française de prendre en charge la garantie exigée pour la location d’une voiture (simple pré-autorisation) ! Et nous avons en tout perdu une bonne heure…

Avec cette troisième étape chilienne, nous découvrons un nouveau visage du Chili. Ici la campagne verdoyante prédomine. Les vaches ont remplacé les lamas dans le paysage. Située à 670 km au sud de Santiago, Temuco est la capitale de la région d’Araucanie et de la région de Cautín. Comptant environ 280000 habitants, elle forme avec la commune voisine de Padre Las Cases la sixième agglomération du pays. Nous sommes passés au large et avons fait une étape à Freire, un petit bourg qui relève un peu du far-west, le temps de déjeuner d’un énorme sandwich au poulet et aux oignons grillés élaboré dans une petite gargote populaire au personnel très sympathique et de faire quelques courses alimentaires.





Nous avons repris la voiture pour rejoindre Melipeuco où nous avons loué pour la nuit une cabaña (Piñon House) afin d’être à pied d’œuvre demain pour nous lancer à la découverte du Parque nacional Conguillío, à l’intérieur duquel se trouve le volcan Llaima. Melipeuco (en Mapudungun : rencontre des quatre eaux ) a été fondée en 1981, devenant un nouveau secteur andin de la région et actuellement un des pôles touristiques importants. La commune de Melipeuco est largement liée à la culture du peuple Mapuche, accordant une grande place à chacune de ses traditions, que ce soit le We Tripantu (jour sacré pour les Mapuches, car c'est le jour le plus court de l'année - le Nouvel An mapuche -, mais essentiellement le jour où l'hiver commence à se retirer, allongeant les heures d'ensoleillement jusqu'au solstice d'été, favorisant une nouvelle année d'agriculture) ou le Guillatún (rite religieux pour demander du bien-être, renforcer l'union de la communauté ou remercier les bienfaits reçus). Il est également lié aux grandes traditions des colons et des créoles qui sont arrivés dans les temps anciens et qui ont marqué leur culture. Ceux qui se sont installés dans la zone rurale ont appris à dominer la nature hostile qu'ils appelaient baqueanos qui perdurent à ce jour.


Nous avons bravé quelques gouttes de pluie pour aller voir une cascade sur le cours du Río Triful Triful, puis une coulée de lave datant de la dernière éruption du volcan Llaima. Nous nous sommes réfugiés ensuite dans notre cabaña, autour d’un bon feu dans un poêle à bois.



Mercredi 26 Octobre 2022 - J 31 - Melipeuco / Villarrica / Pucón

Au bout de dix jours de présence au Chili, nous sommes en passe de prendre ce pays en grippe. Que les étrangers se fassent racketter en payant jusqu’à huit fois le prix d’accès à certains sites et monuments par rapport aux Chiliens, est une chose, mais que la bureaucratie locale vienne compliquer, à un tel point d’absurdité, l’accès aux parcs naturels, dépasse l’entendement : fermeture de l’accès aux parcs dès 14h00, obligation sauf exception de s’inscrire préalablement en ligne dans un pays où l’accès à Internet est loin d’être garanti, formulaires d’inscription dignes de ceux exigés pour avoir accès à des informations classifiées « secret défense » (identité, genre, numéro de passeport, âge, adresse etc. etc.) !

De guerre lasse, nous avons dû renoncer à visiter le Parque nacional Conguillío et à découvrir ses paysages spectaculaires - le volcan actif Llaima (3 125 m) coiffé de ses fumerolles, la Sierra Nevada (2 100 m), le lac Conguillío (750 ha), les lagunes Captrén, Arco Iris et Verde, les forêts d’araucarias et les coulées de lave, dessinées par la grosse éruption de 1957, puis celle de 2008 -, d’autant que la négociation de la dernière chance in situ s’est engagée sur de mauvaises bases puisqu’elle a commencé par l’échange de quelques noms d’oiseaux en espagnol avec un gardien particulièrement obtus et ne parlant bien sûr qu’espagnol… 

Nous avons dans ces conditions pris directement la route de Villarrica. Fondée durant la seconde moitié du XVIe siècle, en raison des mines d’or et d’argent que recelait la région, Villarrica fut rapidement détruite par les Mapuches, qui en gardèrent le contrôle jusqu’à la fin du XIXe siècle. Située à 86 km au sud-est de Temuco, la petite station installée au bord du lac éponyme accueille aujourd’hui un tourisme familial. Deux mondes s’y côtoient : les citadins aux allures européennes et les paysans au visage buriné qui descendent au marché en carriole à cheval. Le sommet du volcan Villarrica disparaissait sous une couronne de nuages quand nous avons fait une pause déjeuner au bord du lac avant de reprendre la route en direction de Pucón, autre cité balnéaire très prisée de là jet set chilienne, à 25 km de Villarrica, à l’autre bout du lac. L’engouement des Chiliens aisés pour Pucón et ses alentours se traduit par une prolifération des constructions plus soucieuses de standing que de protection de l’environnement.


Nous nous sommes installés vers 15h00 dans notre nouveau gîte : accueil basique, cabaña correcte, mais sans plus, absence de wi-fi, une serviette de toilette pour deux ! Vu l’heure et les contraintes de la réglementation des parcs naturels, notre marge de manœuvre touristique était réduite.


Nous sommes allés repérer la Playa Blanca, « plage blanche », paraît-il noire de monde en saison (janvier/février) sur le bord du lac Caburga. Nous avons envisagé d’aller dans un des thermes en plein air très nombreux dans cette région volcanique, mais fait notre mauvaise tête en constatant que le prix avait été multiplié par deux d’une saison à l’autre ! Bref, une journée assez stérile…




Même pas la possibilité de faire une dînette au calme chez nous, puisqu’il nous fallait trouver le moyen de bénéficier d’une liaison wi-fi pour pouvoir mettre en ligne une nouvelle publication ! Par chance, nous avons trouvé un restaurant Trawen (O’Higgins, 311) avec une bonne table, un service rapide et… une bonne connexion Internet !


Jeudi 27 Octobre 2022 - J 32 - Pucón / Parque nacional Huerquehue / Villarrica / Puerto Octay / Frutillar / Puerto Montt


Nous avons renoué avec l’entraînement physique. Ce n’était pas acquis d’avance car, au réveil, toutes les montagnes environnantes disparaissaient dans une purée de pois. Nous nous sommes risqués et nous avons bien fait. La couche de nuages était très localisée et nous avons retrouvé un temps dégagé au bout de la piste chaotique de 8 km menant à l’entrée du Parque nacional Huerquehue. Exception à la règle : pas d’obligation de réservation préalable en ligne ! En plus, nous avons eu affaire à une jeune gardienne souriante, anglophone et… compétente. C’est suffisamment rare pour être relevé… 

Ce parc national de 12 500 ha est situé à 35 km au nord-est de Pucón. Nous avons limité nos ambitions à une ascension de 310 m de dénivelé jusqu’à un mirador offrant un point de vue sur le lac Tinquilco et à un détour pour voir en contrebas (50 m de dénivelé supplémentaires !) une impressionnante cascade. Cette balade un peu physique en raison non seulement de la pente, mais également du type de sentier jalonné de hautes marches et de racines traîtresses, est l’occasion de traverser des forêts d’araucarias, un arbre qui peuplait déjà les forêts voici 225 millions d’années, et d’une espèce de bambous chiliens qui s’est adaptée aux conditions climatiques locales rudes en hiver. Ici ou là, la nature nous offre un spectacle inattendu. Ici un bel oiseau à tête rouge, un carpintero negro, là un arbre au tronc étonnant comme tressé, un manio de hoja corta.





L’étonnant « manio de hoja corta » qui pousse naturellement ainsi !

Dans cette région volcanique le sol est constitué de couche de cendres de différentes couleurs…

Les bambous andins qui survivent à la neige et au gel !



Le carpentero negro  ou « Pic de Magellan »


Aucun réel service n’est assuré aux visiteurs mais les interdictions pleuvent…


Après un pique-nique rapide en retrouvant la voiture, nous avons fait une brève pause Cafe-Kuchen (en l’occurrence deux Berlin Frito, deux beignets fourrés à la crème) dans une pâtisserie de Villarrica, baptisée Rostock, propriété d’un Monsieur Fuchs ! Des colons allemands se sont implantés en nombre au début du XIXe siècle dans la région et ont imprimé leur marque à l’architecture locale, à la cuisine locale et au jargon local. D’autres Allemands sont arrivés en 1945, comme dans d’autres pays d’Amérique du Sud, mais c’est une autre histoire…

Une longue route (320 km) nous attendait ensuite, la Ruta 5, autoroute Nord-Sud qui traverse des paysages boisés et des prairies d’un vert tendre au sortir de l’hiver, colonisées par d’importants troupeaux de bovins. Les antipodes de San Pedro de Atacama !

Bien que le temps de couvert soit passé à pluvieux, nous avons fait un détour pour voir à quoi ressemblaient Puerto Octay et Frutillar. Vu seulement sous la pluie et entre chien et loup, Puerto Octay est à une cinquantaine de km d’Osorno, la capitale de la viande et du lait au Chili, au bord du lac Llanquihue. L’habitat porte la marque de l’installation des premiers colons allemands au début du XIXe siècle. Inutile de dire que nous n’avons rien vu du « volcan Osorno éblouissant de blancheur semblant émerger des flots », pas plus que le « beau panorama sur la baie depuis la presqu’île de Centinela » !




Quant à Frutillar, à 26 km de Puerto Octay, la petite cité se divise en deux parties n’ayant en commun que leur nom. Frutillar alto est un petit bourg sans intérêt, sinon pour nous son supermarket ! Frutillar bajo, au bord du lac Llanquihue, est une station de villégiature un peu guindée qui rappelle les rives du lac de Constance. Le front de lac est jalonné de vieilles demeures et s’est enrichi d’un imposant théâtre qui, paraît-il, propose l’une des meilleures programmations artistiques d’Amérique du Sud ! Un vieux ponton vu bien tard, a un charme suranné. Là encore, nous ne pouvons que croire sur parole ceux qui affirment que « depuis la rive bordée d’une plage de sable noir et agrémentée d’une élégante jetée de bois, la vue sur le volcan Osorno est superbe ».



Nous avons rejoint vers 20h00 notre logement du jour situé à dessein non loin de l’aéroport de Puerto Montt. Minuscule, il est entouré de hautes grilles - securité oblige -. Notre jeune hôtesse nous accueille avec gentillesse, ce qui nous change par rapport à hier. Vu l’heure, le temps pluvieux et notre état de fatigue, nous avons décidé de faire l’impasse sur Puerto Montt, ville portuaire fondée en 1853 par l’Allemand Vicente Pérez Rosales, qui se profile comme la nouvelle capitale économique du Sud chilien, à 1 016 km de Santiago. Nous sommes restés frileusement dans notre cocon d’autant que le réveil demain sera matinal.

2 commentaires:

  1. Les photos nous font découvrir le Chili moins connu .Un reportage de professionnel.Continuez vos randonnées...mais prenez soin de vous .Bisous bisous.Elisabeth

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  2. Un moment de douceur dans ce monde de brutes ...
    Bises

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