Pour la première fois depuis plusieurs nuits, j’ai réussi à dormir trois heures ! Parallèlement, la trachéite régresse. Premiers effets de l’Actron 400 (un anti-inflammatoire de la famille Ibuprofène, vendu hier soir sans ordonnance !) ? Fort de ce léger mieux, nous avons pris le taureau par les cornes et décidé d’explorer un autre secteur des environs de San Pedro de Atacama.
Premier objectif, Toconao (alt. 2 485 m), un petit village à 38 km au sud de San Pedro, par une très bonne route bitumée. Pour s’y rendre, on dépasse le site d’ALMA (Atacama Large Millimetre/submillimeter Array). Inauguré en 2013, ALMA est un projet de 1,4 milliard de US$, développé par l’Europe, les États-Unis et le Japon. Grâce à sa capacité de haute résolution spectroscopique, le complexe des 66 antennes connectées entre elles par interférométrie dispersées sur un plateau à 5000 m est capable d’étudier le processus de formation des planètes autour des étoiles naissantes, est aussi en mesure d’observer les trous noirs masqués par les « nuages » interstellaires et permet également d’étudier la formation des galaxies. Il cherche aussi des mondes lointains potentiellement habitables, les fameuses exoplanètes. On franchit aussi le Tropique du Capricorne en plein désert.
Toconao est un petit village tranquille de quelque 800 habitants. Les maisons sont construites en pierre ponce volcanique. Les chaussées sont propres et bitumées (San Pedro pourrait en prendre de la graine !). Sur la charmante petite place, se dressent l’église San Lucas (1750) qui possède une rare représentation de Dieu avec son fils, et un joli clocher blanc séparé. Nous avons eu beau chercher et interroger des autochtones, personne n’a vu à l’entrée des bas-reliefs d’âne et de lama signalés dans le Guide du Routard, comme l’illustration d’une partie de bras-de-fer entre les Espagnols ayant tenté d’imposer le 1er au détriment du 2d, et les populations locales attachées à leur animal traditionnel. À l’intérieur, la charpente est en chañar et caroubier et le très beau plafond, en bois de cactus. Lors de notre deuxième passage dans l’après-midi, nous nous sommes arrêtés au cimetière, un capharnaüm incroyable, un enchevêtrement inouï dans le sable de tombes de toutes tailles et de toutes époques, un méli-mélo de croix, toutes ornées de couronnes de fleurs en papier délavées.
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| Depuis quand ce véhicule est il échoué au bord de la rue ? |
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| Il faut se baisser pour entrer dans le cimetière… |

Toujours plus au sud, à 51 km de Toconao, mais toujours plus haut (3 218 m !), Socaire est un bourg perdu au milieu de nulle part, “au hasard d’une route déroulant à l’infini des paysages grandioses de steppe jaunie grimpant à l’assaut des volcans”. Il possède deux églises en pierre taillée, coiffées de chaume, et s’entoure de petites parcelles organisées en terrasse et plantées de maïs, quinoa, fèves et pommes de terre bleues. C’est là que s’obtient le précieux sésame (billet payant délivré par la communauté locale) qui ouvre la voie aux Lagunas Miscanti et Miñiques qui culminent à 4 200 m ! San Pedro paraît bien loin, à 135 km !
La dernière partie de l’itinéraire est une piste un peu pierreuse qui grimpe à travers une étendue sauvage piquetée de jaune par les touffes de paja brava, une graminée épineuse, et ce jusqu’à plus de 4 500 m d’altitude, au pied des volcans. C’est l’ultime végétal résistant à une telle altitude. Et puis soudain surgissent un, puis deux sublimes lacs couleur bleu lagon, devant lesquels paissent des vigognes qui se fondent dans le paysage grandiose. Ces 2 lagunes à 4200 m d’altitude (!) sont de vrais bijoux. Elles abritent une espèce d’oiseau rare et protégé, le tagua cornuda, dont il ne reste que 1 200 individus sur l’ensemble de l’altiplano. Inutile de dire que le fond de l’air y est très frais, mais tout à un prix. À cet égard, le presque triplement (d’une édition sur l’autre du Guide du Routard) des tarifs d’entrée sur ces sites naturels appliqués aux étrangers, montre que la priorité est donnée à une forme de racket d’autant plus irritant qu’il s’accompagne de la part des « gardiens » d’un comportement dépourvu de tout discernement qui peut un peu gâcher le plaisir. On ne fait pas litière du jour au lendemain des réflexes hérités d’une dictature.
Nous avons repris le chemin de l’hôtel assez tôt dans l’après-midi, non sans observer une nouvelle fois avec consternation le grand nombre de petits oratoires ou cénotaphes dressés sur le bord des routes pour évoquer la mémoire d’une victime d’un accident.





























Avez-vous pu faire trempette dans le lagon ?
RépondreSupprimerÇa donne envie ...
Bises
C est magnifique...le conducteur bien qu il ne soit pas une vigogne a du apprécié les pistes et les routes désertes....Vos photos font toujours rêver...un seul problème ...l altitude!!!!Bisous bisous Elisabeth
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