notre voyage à la découverte du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine...

La Paz (mercredi 12 octobre)

Matinée de récupération… Olivier a réglé les dernières questions de transports et d’hébergement pour la fin de notre séjour en Bolivie. Les traitements médicaux commencent à produire leurs effets et depuis que je m’astreins à boire deux litres (!!!) d’eau par jour les difficultés respiratoires nocturnes disparaissent. Reste l’essoufflement en cas d’effort physique dans la journée, mais il suffit de doser l’effort.

Notre journée a réellement commencé à 11h00 avec comme objectif premier un survol de la ville grâce au réseau urbain de téléphériques le plus haut au monde (4000 mètres d’altitude en moyenne), un équipement d’une qualité exceptionnelle, réalisé par l’entreprise austro-suisse Doppelmayr, qui a réalisé les trois premières lignes en deux ans à compter de la déclaration d'intérêt national par le président bolivien Evo Morales.

Il a révolutionné la façon de vivre d’une bonne partie des « pacenos », les habitants de La Paz. Le réseau compte actuellement 10 lignes, 39 stations et parcourt 32 kilomètres. Il figure dans le Guinness des records, assure un transport rapide et très fiable entre El Alto, banlieue populaire de la Paz située à 4150 m d’altitude et le centre de La Paz. « Mi teleferico » a coûté 234 millions de dollars, les travaux ont démarré en 2012. Pour les habitants habitués aux « collectivos » (les mini bus) pris dans les embouteillages de la ville construite dans une cuvette, et souvent remplis au maximum, la construction de ce réseau a été une bouffée d’air frais. La construction du téléphérique a permis entre autres de désengorger en partie la ville de son trafic routier (mais on a vu hier que ce n’était pas toujours le cas !), de réduire le temps que passent chaque jour les travailleurs dans les transports en commun, d’avoir un impact positif sur leur stress, de réduire l’impact de la pollution sur l’environnement et par conséquent sur la santé. Le réseau fait penser à un métro aérien, avec des lignes de différentes couleurs, des correspondances, mais en beaucoup plus propre que le métro parisien. 

Une des gares du téléphérique ! Infrastructure étonnante de modernité et de propreté

Usagers très disciplinés et calmes


Plan du réseau qui s’étend sur 14 kms d’ouest en est !

En entrant dans les gondoles, on peut rencontrer toutes sortes de passagers, des salariés, des étudiants, des ménagères comme ces « cholitas » (dame indigène) qui portent fièrement une jupe colorée, un châle en alpaga ainsi qu’un petit chapeau melon, mais aussi des touristes comme nous car le téléphérique est devenue une réelle attraction peu coûteuse pour eux. Le prix d’un trajet simple est de 3 bolivianos (0,38 centimes d’Euro) et le prix du billet avec correspondance est de 5 bolivianos (0,64 centimes d’euro). En embrassant du regard l’ensemble de la ville, sa banlieue et la cordillère des Andes avec en point de mire le Mont Illimani, depuis plusieurs miradors, nous avons pris pleinement conscience de l’étendue de la ville et de la diversité de ses quartiers.





Le quartier d’El Alto où les constructions atteignent la limite extrême du plateau…

Vue plongeante depuis El Alto sur la partie basse de la ville





Dans le centre les quelques anciennes facades disparaissent sous….


Bar de rue avec un grand choix de boissons…

Ayant emprunté la ligne verte de téléphérique, nous avons voulu jeter un coup d’œil sur le quartier de notre ambassade (on ne se refait pas !), Obrajes, et en voyant flotter le drapeau français et le drapeau européen, nous avons tenté notre chance. Nous nous sommes présentés à l’accueil et avons demandé si l’ambassadrice Hélène Roos, en poste depuis un an, était là et aurait quelques minutes pour nous recevoir. C’est ainsi qu’elle nous a reçus avec une grande cordialité avant une réunion, pour une conversation à bâtons rompus. Comme elle savait que nous arrivions de Copacabana, elle nous a relaté l’exploit au lac Titicaca, de trois sportifs hors normes, Théo Curin, nageur handisport, Malia Metella et Matthieu Witvoet. Chapeau bas ! Nous avons évoqué les enjeux pour l’économie bolivienne de l’exploitation du lithium, de la manne qu’elle induit et des tensions sociales qu’elle suscite, chacun revendiquant sa part du gâteau. Concernant La Paz, nous lui avons bien sûr fait part de nos premières impressions concernant le gigantisme de la ville, la grande diversité des quartiers déshérités, d’affaires et résidentiels, le sentiment que beaucoup de constructions étaient inachevées. Le Maire voudrait mener une politique plus volontariste, par des incitations fiscales, inciter les propriétaires à achever les maisons et à les peindre pour créer un patchwork de couleurs, alors qu’actuellement il y a un dégrèvement tant que la construction n’est pas achevée, ce que j’avais déjà vu jadis dans une ville comme Le Caire.



Sur ses conseils, nous avons visité une zone périphérique de cheminées naturelles, regrettant qu’une partie du secteur soit devenue une décharge de gravats au lieu de faire l’objet d’une protection.





Dans le quartier voisin, très populaire, les voleurs sont prévenus du traitement qui les attend…

Sur le chemin du retour, nous avons traversé un quartier d’affaires et été intrigués par la statue d’un “président martyr”, Gualberto Villarroel López (1908-1946). Du coup, nous avons cherché à en savoir plus sur ce militaire, président de la Junte militaire gouvernementale (1943-1944), président provisoire (1944 -1945) et président constitutionnel (1945-1946). Mais jugé par certains trop réformiste, trop ouvert aux majorités indigènes, trop lié aussi au président argentin Juan Domingo Perón, il fut renversé (un de plus et pas le dernier !), assassiné et pendu publiquement…



Nous avons effectué à pied le dernier tronçon de l’avenida Mariscal Santa Cruz rendu de nouveau piétonnier alors qu’une nouvelle manifestation de mineurs se disloquait sans heurts.

Au terme de ces pérégrinations citadines, nous sommes rentrés fourbus à l’hôtel à 19h00 et ne sommes ressortis dîner qu’une heure plus tard dans une petite… pizzeria de quartier, histoire d’éviter de retomber dans le pollo (poulet) et le riz, très présents dans les cartes des restaurants boliviens. Annoncée à 700 mètres de l’hôtel, c’était faire l’impasse sur la topographie des lieux. L’ascension apéritive a été compensée par une descente digestive intéressante pour des observateurs car c’était l’heure où les étals des commerçants qui empiètent sur le trottoir, sont emmaillotées pour la nuit, où des pauvres femmes emmitouflées, installées à même le trottoir, espèrent encore vendre quelques petits pains, où d’autres ramassent les objets invendus du jour dans de grandes couvertures portées ensuite sur leur dos, où des fast-foods installés au coin des rues servent encore des clients attardés, où une troupe de danseurs et de danseuses bouclent une répétition dans un espace en plein air, où quelques boutiques de la rue des sorcières souvent reconnaissables aux bébés alpacas empaillés qui pendent lamentablement à leur devanture, attendent encore le passant en mal d’un remède miracle pour traiter une affection ou désireux d’entendre les boniments d’une diseuse de bonne aventure. C’est l’heure aussi où des milliers de lumières scintillent sur les versants opposés de la montagne, telle une galaxie…




2 commentaires:

  1. Chassez le naturel ... l'appel de l'ambassade revient au galop !
    Heureux de voir que la santé s'améliore.
    Bises

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  2. Tres belle découverte deLaPaz...le téléphérique serait il la solution pour les grandes métropoles?Nos guides touristiques ont meilleure mine...tant mieux...mais ralentissez quand même un peu le rythme.Bisous bisous .Elisabeth

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