notre voyage à la découverte du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine...

Arequipa 3 (samedi 1er octobre)

Réveil en fanfare aux alentours de 6h00 par des salves de pétards et de feux d’artifice en plein jour, qui se sont répétées en début de matinée ! Renseignement pris, c’est un peu une tradition début octobre pour marquer une fête religieuse…

Nous avons visité de bon matin le Museo Santuarios Andinos (musée des nécropoles andines) voisin de notre logement. La visite débute par un film de 20 mn (sous-titré en français) sur la pratique de sacrifices humains conduits par les Incas, (essentiellement des enfants) et les découvertes des archéologues qui ont travaillé dans la région. Au cours d'une expédition sur le volcan Ampato en septembre 1995, l'explorateur américain Johan Reinhard et son guide péruvien Miguel Zárate aperçurent au loin quelque chose qui brillait en contrebas dans le cratère, qui s'élève à une altitude de 6 300 mètres ; ils descendirent dans le cratère et y trouvèrent une forme enveloppée. Ils la soulevèrent avec soin et découvrirent qu'il s'agissait du corps d'une jeune fille congelée, très bien conservée et accompagnée d'un certain nombre d'objets funéraires. Ils avaient exhumé celle qui allait devenir la célèbre Juanita - nom attribué par son découvreur -, émouvante « princesse des glaces », la « momie » inca la mieux conservée parmi les dix-huit découvertes à ce jour.


En l’état actuel des investigations, Juanita venait des hautes terres et non de Caylloma, la région où la découverte a été faite. Elle aurait été sacrifiée sous le règne de l'Inca Pachacútec et dans le cadre d'une offrande humaine aux Apus ou montagnes sacrées, dans un contexte de forte activité volcanique. La cérémonie religieuse était connue sous le nom de Capac Cocha et aurait eu lieu vers l'an 1440 après JC. Juanita avait environ 13 ans, mesurait 1,58 m, était belle, mince, avec des dents parfaites et des os solides.

Par ces sacrifice d’enfants issus de la noblesse et sélectionnés puis formés dès leur plus jeune age à jouer ce rôle qui couvrirait d’honneur leurs familles, les Incas espéraient conjurer les catastrophes naturelles, en particulier l’éruption du volcan Ampato, en s’attirant la bienveillance des apus (divinités des montagnes). De petits temples et des autels circulaires étaient construits pour ces cérémonies. Elevés à Cusco, les enfants étaient acheminés à pied en procession vers les lieux de sacrifice. Dans le cas présent, un périple de trois mois à travers les montagnes andines.

La momification est en fait le résultat de la congélation. Les analyses conduites sur le corps ont montré que Juanita avait été préalablement droguée avec des feuilles de coca et de la chicha fermentée pour l’étourdir. Probablement inconsciente, Juanita a été tuée d’un coup de massue sur la tempe droite. Dans d’autres cas les enfants s’endormaient sous l’effet de l’hypothermie.

Les riches étoffes qui enveloppaient Juanita ont été patiemment dégagées et sont exposées au musée, à côté de différentes offrandes. Sa cape est rouge (symbole de la noblesse), blanc (symbole de la divinité), avec 3 bandes – comme le drapeau du Pérou. 

représentation de la tombe dans laquelle Juanita avait été ensevelie

Juanita telle qu’elle a été découverte 

telle qu’elle est présentée dans un caisson de verre maintenu à -20 degrés

Parlant un excellent français appris à l’Alliance française, notre guide nous a commenté les poteries, bijoux et jouets trouvés dans les tombes avant de nous mener jusqu’au caisson transparent où sont conservés les restes de Juanita par - 20 °c. Pour les Incas, la mort étant le prolongement de la vie sous une autre forme, Juanita a dû - peut-on espérer - accepter son sort dans l’espoir d’une nouvelle existence privilégiée auprès des divinités…

Nous sommes sortis du centre historique et avons fait un peu de marche avec l’intention de visiter le Monasterio de la Recoleta, un imposant monastère construit par les franciscains en 1648, qui abrite un petit musée d’art pré-colombien. Hélas, il était exceptionnellement fermé et le restera demain en raison des élections. Nous avons continué à pied jusqu’au quartier de Yanahuara, un quartier populaire et agréable, L’iglesia San Juan Bautista était malheureusement elle aussi fermée. Nous nous sommes contentés d’admirer sa façade et le point de vue qu’offre le mirador voisin sur les volcans et la ville qui a fait tache d’huile jusqu’au pied des volcans.





Nous avons fait la pause sur un banc du petit parc de Yanahuara pour déguster un queso helado, une crème glacée typique d’Arequipa, servie avec une pointe de cannelle, que des marchands ambulants proposent un peu partout en ville, une véritable institution très appréciée des jeunes et des moins jeunes.


Yanahuara est couru pour ses “picanterías” typiques. Ce sont des sortes d'auberge, où l'on sert des plats épicés au sens propre du terme. Ce sont des ragoûts appétissants, à base de viande, de poisson, de légumes ou de poulet, mais pas nécessairement piquants, généralement servis à de longues tables communautaires contribuant ainsi à un certain brassage social. Cela m’a fait un peu penser à certains Biergarten ou brasseries munichois. Même si leur nombre a considérablement baissé (Arequipa comptait au XIXe siècle plus de 3.000 "picanterías") ce type de restaurant et de cuisine reste très populaire. Pour accompagner ces plats, les picanterias proposent la fameuse chicha.

Nous avons suivi les conseils du Guide du routard en optant pour une picanteria située calle Leoncio Prado, « La Nueva Palomino ». Elle ouvre à midi précise. Tout le personnel est aligné pour accueillir en musique les clients qui jusque là attendaient sagement dans la ruelle en rangs d’oignons le coup d’envoi et qui se dispersent dans les différentes terrasses de l’établissement. Nous avons prudemment choisi plusieurs « plats en un » et pris soin d’éviter le fameux pepián de cuy, autrement dit du cochon d’Inde, un mets apprécié déjà chez les Incas, mais qui ne nous tente guère…



Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à la Casa del Moral, une demeure coloniale bien préservée avec une belle façade sculptée du XVIIIe siècle et un bel ensemble de mobilier ancien.











Nous avons farnienté une bonne partie de l’après-midi avant de nous mêler aux familles péruviennes, plaza de Armas. Nous avons passé ainsi un bon moment, assis sur un banc à observer la foule et à lire.


4 commentaires:

  1. Une belle journée de découverte..maintenant pour moi le nom de Juanita sera associée à une momie et non à une chanson!!les mets sont bien tentants ...à concocter à votre retour bien sûr. Bisous bisous Elisabeth

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  2. MAGNFIQUE ce voyage, ces découvertes et les photos. merci

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  3. Ça donne envie de vous rejoindre !

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