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Cusco 3 et Vallée sacrée des Incas (mercredi 5 octobre)

Le Diamox et son associé le Diffuk600 (potassium) semblent avoir été efficaces. La nuit a été correcte et a permis de faire face à une journée physiquement éprouvante, mais culturellement très riche et très diverse.


Nous étions convenus avec un tour opérateur, Peru Majos Travel, qu’un conducteur nous attendrait à 7h30 pour nous faire visiter une bonne partie des sites touristiques de la Vallée sacrée des Incas. Son arrivée avec une demi-heure de retard à jeter un froid sur la première partie du trajet, malgré ses nombreux « sorry ». Les choses se sont améliorées peu à peu, une fois sortis des embouteillages cuscoiens. Nous avons traversé les quartiers qui font tache d’huile en colonisant les collines entourant Cusco. Tous les constructions sont en brique crue, peu sont achevées et des armatures en fer attendent qu’une toiture ou un nouvel étage soit construit, pratiquement aucune n’a de crépit. Sorti de l’agglomération, on atteint une sorte de haut plateau entouré de hautes montagnes culminant à plus de 5000 m, aux sommets encore enneigés.


Géographiquement, la vallée sacrée s’étire d’Ollantaytambo à l’ouest (à 60 km au Nord Ouest de Cusco) jusqu’à Pisac (perdrix en quechua) à l’est (à 32 km au nord-est de Cusco). La rivière Urubamba qui y a fait son lit, est alimentée par les nombreux affluents qui descendent des vallées et gorges attenantes. Cette zone où l'on parle toujours l'aymaraet le quechua regroupe de nombreux sites archéologiques, bourgades et villages datant de l'époque incaïque. La vallée était particulièrement appréciée par les Incas pour ses caractéristiques géographiques et climatiques, et pour sa fertilité. La région était leur grenier où ils cultivaient le maïs sur d’innombrables terrasses. Nous nous sommes concentrés sur la partie ouest de la vallée en cinq étapes. De déviation en déviation par des pistes poussiéreuses, nous avons atteint la première à 60 km en deux heures !

Ollantaytambo (« l'auberge d'Ollantay ») est un petit bourg à l’extrémité ouest de la Vallée sacrée. Son nom rend hommage à Ollantay, un guerrier Inca. C’était à l’époque de l’Empire inca l'un des plus grands centres urbains construits dans le but d'avoir une gestion politique, sociale et économique sur la vallée fertile. Il est dominé par une surprenante forteresse contrôlant trois vallées. Celle-ci est constituée d’un ensemble de terrasses à flanc de montagne. Elles sautent aux yeux tant elles dominent le paysage. En gravissant (lentement) sous un chaud soleil les escaliers de pierre, nous sommes parvenus au Temple du Soleil. En poursuivant, nous avons découvert une muraille crénelée cernant l’arrière de la forteresse. L’ensemble est constitué de roche magmatique de couleur rouge. Les blocs de pierres venus d'une colline lointaine, sont gigantesques et on se demande vraiment comment ils ont pu être extraits, transportés, taillés et assemblés sans mortier avec une telle perfection. En fin de circuit, on aperçoit les ruines d’entrepôts et, près de la sortie, des fuentes, des sources canalisées. 

Vue générale de la vallée depuis la citadelle inca







Entrepôts sur le versant opposé face à la citadelle



Nous avons ensuite fureté dans les rues du bourg. A part deux places très touristiques avec les vendeurs de produits de l’artisanat local, souvent un peu kitsch, le plan de la ville et les rues calmes témoignent de la culture de l'ancienne civilisation Inca. Les maisons ont conservé leur base en pierre taillée.


La citadelle vue du versant opposé


Nous avons fait la pause déjeuner à Urubamba, la grande ville sans intérêt de la vallée, dans un restaurant, le Huacatay, dont on soupçonne à peine l’existence. Il se cache derrière une porte très quelconque, mais en entrant on découvre un petit îlot de verdure agréable. La nourriture est bonne, mais les prix pratiqués sont des prix pour touristes ou pour riches péruviens…



Les Salines de Maras et leur environnement aux couleurs très contrastées forment un spectacle insolite dans ce paysage montagneux. Ce sont des puits construits en terrasses dont l’exploitation remonte aux Incas. Des familles paysannes locales organisées en coopérative y récoltent le « sel des Incas » par l'évaporation de l'eau salée qui sort de la montagne et est repartie par un savant réseau de canaux dans les différents bassins des salines. On y produit entre 150 et 200 tonnes de sel par an sur environ 3 000 bassins au total. 




Un des canaux qui acheminent l’eau salée dans les bassins de décantation



La chapelle des salines

Moray, à 3 500 m au-dessus du niveau de la mer et à 50 km au nord-ouest de Cusco, est connu pour son ensemble d’amphithéâtres atypiques, enfoncé dans le sol. Ce sont des terrasses formées d’anneaux concentriques sur 10 niveaux, et constituées de restanques (murs de soutènement), de terre fertile et d'un système complexe de béals (canaux d'irrigation) permettant de cultiver plus de 250 espèces de plantes. Les lieux auraient été dans le passé un ancien centre inca dédié à la recherche en agriculture, en recréant différents microclimats à un seul et unique endroit. Des graines de différentes espèces, la plupart fossilisées, mais quelques-unes encore viables, ont été retrouvées. On peut y produire plus de 200 espèces de plantes ! Tous les ans, au mois de septembre, les habitants des régions voisines se réunissent, vêtus de leurs habits traditionnels, afin de célébrer la Fête du Soleil. Ils rendent hommage à la terre et mettent en valeur le travail dans les champs.





Pendant toute cet après-midi nous avons navigué sur un magnifique plateau entouré de hautes montagnes.





Dernière étape du jour, Chinchero (à 28 km de Cuscoest un bourg constitué d’une partie moderne et d’un centre historique d’accès payant, situé à 3 754 mètres d'altitude. Le plan général de ce quartier est un damier de rues pavées dont certaines suivent la pente de la montagne et d’autres les courbes de niveau. La grand’place est aussi celle d’un marché animé le dimanche, où se pratique encore le troc entre habitants. Les autres jours de la semaine, il est livré à des autochtones dans leur costume traditionnel très coloré et coiffées d’un chapeau rond caractéristique du lieu. L’église de type colonial construite par les Espagnols en 1607, domine l’ensemble. Le gardien nous en a fermé la porte au nez à 17h00, refusant même que nous ne jetions qu’un coup d’œil, puis est resté assis vingt bonnes minutes dehors à ne rien faire avant de rouvrir l’église, prendre ses affaires et partir à 17h30 précises, heure annoncée de sa fermeture. Un abruti ! Nous nous sommes rabattus dans un premier temps sur les ruines inca faites de centaines de murets et de terrasses. Les ruines se trouvent à l’intérieur même du village et s’étendent sur une superficie de 43 hectares. Selon les archéologues, Chinchero était utilisé comme une station balnéaire par la noblesse inca. Ceci expliquerait les nombreux aqueducs et terrasses encore utilisés aujourd’hui. Le sol de Chinchero est connu pour être l’un des plus fertiles de la Vallée sacrée. Fèves, pommes de terre, quinoa sont vendus sur le marché local. 




Fresques sur le portail de l’église









Nous nous sommes intéressés dans un second temps au faite des maisons souvent orné d’un petite sculpture réunissant deux taureaux, une croix, des pots à chicha. Les taureaux représentent la dualité andine, femme et homme, mâle et femelle, père et mère, car le couple qui va vivre dans cette maison sera prospère, en bonne santé et toujours protégé. Au milieu se trouve une croix. C’est le côté spirituel avec un escalier qui signifie que tout au long de leur vie, le couple doit gravir une marche de plus chaque jour, en d'autres termes, le progrès renforcera le lien entre eux. Il y a aussi parfois le coq qui nous dit qu'il faut se lever tôt tous les jours et travailler dur pour nos rêves de couple, cependant, tout dans cette vie n'est pas effort et travail, c'est pourquoi il y a le pichet de chicha qui signifie le plaisir du couple, il représente les joies, les fêtes et les amitiés que la famille vivra ensemble.




Nous avons retrouvé Cusco à la nuit tombée et notre appartement avec un immense plaisir, tant nous étions fourbus : exercice physique à une altitude variant entre 3300 et 3700 m, soleil, vent se sont alliés pour nous épuiser… L’extinction des feux ne tardera pas…

4 commentaires:

  1. Une belle journée...après tant de marches à gravir et de déambulations dans ces sites exceptionnels vous êtes entraînés pour les jours à venir...les photos font rêver...prenez soin de vous .Bisous bisous.Elisabeth

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  2. On bave d'envie devant ces explications et photos magnifiques !
    Ce n'est pas à LaChalade que le gardien d'Église agirait de la sorte ...
    Bises

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    1. Quel beau voyage photos superbes et commentaires d’une extrême précision
      Nous apprécions !!!!
      Merci

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  3. Magnifique !!! Vous devez en prendre plein les yeux et plein les pattes aussi. ! Merci de nous faire voyager . Bisous de Dominique et Olivier.

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