Nous avons refermé ce jour le premier chapitre péruvien et ouvert le chapitre bolivien.
Mais avant cela, il y a eu la nuit à 3812 m d’altitude, sur une île flottante dans un gîte très confortable mais dépourvu de toute isolation thermique. Finalement, nous ne nous en sommes pas trop mal sortis côté température qui a chuté dans la nuit à 4 degrés Celsius. Il faut dire que les lits sont équipés en conséquence, en plus du drap, de cinq couches de couvertures (!), que nous avons eu droit à une bouillotte chacun et à un chauffage d’appoint au gaz, dont le guide au demeurant nous a dit ne pas se servir chez lui bien qu’il ait deux jeunes enfants. “On est habitué, on vit comme ça tres bien” (pas besoin de lui recommander de limiter à 19 degrés la température chez lui !). Et, last but not least, dans notre cas, nous avions chacun nos sous-vêtements à manches longues et nos collants. Côté altitude, en revanche, la deuxième cure de Diamox tarde à produire les effets espérés et j’ai passé la deuxième partie de la nuit à rechercher mon souffle.
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| Juste avant le lever du soleil… |
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| Le bateau épicerie quitte notre ile après que notre hôtesse ait fait ses achats |
Il y a eu ensuite la découverte de la communauté insulaire sur le lac Titicaca. Un peu de rappel géographique n’est sans doute pas inutile. Situé dans la cordillère des Andes, le lac est traversé par la frontière entre la Bolivie et le Pérou. C'est le plus grand lac d'Amérique du Sud en volume d'eau et en longueur, mais pas en superficie (le lac Maracaibo couvre une superficie de plus de 13 000 km2). Il est aussi considéré comme le plus haut lac navigable du monde (altitude : 3 812 m), mais ce n'est rigoureusement exact que si on limite cette acception aux navires commerciaux de grande taille. C'est par ce lac qu'est née la culture aymara avant la colonisation et la christianisation. Il existe une légende en relation avec ce lac : le premier dieu Viracocha a surgi de ce lac et a créé le monde ainsi que toutes les civilisations des Andes.
Le lac Titicaca semble tenir son nom d'un rocher situé sur l'Isla del Sol (côté bolivien du lac) et appelé Titi Khar'ka, ce qui signifie « Roc du puma » en aymara. Selon une autre hypothèse, Titicaca serait une déformation de titijaya, qui veut dire « puma de pierre » (par référence aux pumas noyés et transformés en statues de pierre selon une légende locale), mais également « homme de cendre » (en effet les indigènes vivant autour de ce lac avaient coutume d'y brûler des hommes en offrande à Ayuma, dieu de la vie et de la mort). L'Isla del Sol est le véritable centre de la mythologie inca.
Le lac Titicaca s'étend sur environ 8 562 km2, parmi lesquels 4 772 km2 (56%) correspondent au territoire péruvien et le reste (3 790 km2, ou 44%) à la Bolivie. Il est au centre d'un grand bassin ayant une superficie de l'ordre de 58 000 km2, dont 39 017 km2 au Pérou. La superficie de son bassin versant appartient donc à plus de 80% au territoire péruvien. On subdivise son bassin versant en dix sous-bassins. Lui-même se décompose en deux parties, le lac majeur (Lago Grande, aussi Lago Chucuito) et le lac mineur (Wiñaymarca, aussi Lago Pequeño au Pérou), séparés par le détroit de Tiquina qui a une longueur de 900 m. Sa longueur est de 190 kilomètres, sa largeur de 80 kilomètres. Il a une profondeur moyenne de 107 mètres et une profondeur maximale de 327 mètres. Plus de vingt-cinq rivières se jettent dans le lac. Le lac compte 41 îles dont certaines sont habitées. Le volume d'eau contenu est de 893 km3 (soit 893 milliards de mètres cubes). Ses eaux bleues sont de l’eau douce. La longueur totale de ses rives est de 1 125 kilomètres. Les principales villes riveraines sont Puno au Pérou et Copacabana en Bolivie.
Notre hôte nous a proposés de découvrir sa communauté (les Aymaras qui vivent sur les iles flottantes dites d’Uros) qui compte 2800 personnes, pour une modique somme supplémentaire, ce qui ne pouvait que satisfaire notre curiosité. Pendant deux heures, nous avons navigué sur la partie du lac au large de Puno couvertes d’îles artificielles. La plupart des familles vivent du tourisme en assurant des hébergements, en proposant des trajets en bateaux en roseaux, de taille et de formes variables, ou en vendant aux visiteurs des travaux d’artisanat. Beaucoup d’insulaires vivent à plusieurs familles sur des iles plus grandes que celle sur laquelle nous avons logé. La communauté compte un jardin d’enfants, trois écoles, des édifices religieux, et des débits de boisson, passage obligé des nombreux groupes de touristes (qui arrivent en gros bateau et ne restent sur le site qu’une heure ou deux et repartent) pour faire rentrer un peu d’argent. Ceux qui ne vivent pas du tourisme vivent de la pêche (plus au large). Quelques-uns travaillent en ville.
Notre hôte nous a décrit la façon astucieuse dont les iles artificielles sont créées et maintenues en place. Des racines de roseaux (blocs d’environ 1m de haut ressemblant à de la tourbe) sont découpées sous l’eau à la scie puis déplacées vers le lieu choisi et assemblées par un système de cordage sophistiqué. Plusieurs ancres sont installées, 5 ou plus par ile. Ensuite environ deux mètres de feuilles de roseaux sèches sont disposées en quinconce à l’horizontale. Et voilà le tour est joué ! Sauf qu’il a fallu 3 ans à notre hôte pour construire son ile de 200 m2 ! Mais, parait-il, c’est pour la vie ! Ces iles vieillissent très bien et deviennent de plus en plus stables avec le temps…
Notre hôte nous a ensuite rassurés sur la question du traitement des déchets. Tout est récolté et expédié vers le continent y compris le contenu des toilettes sèches. Il nous a décrit son parcours personnel très volontariste (projet décidé dès l’âge de 15 ans) pour parvenir à posséder son île et y proposer un hébergement pour touristes. Il s’y dit très heureux et ne voudrait pas en changer. Il est vrai qu’il nous a donné l’impression d’être à la tête d’une famille harmonieuse.
Garde descendante, nous avons pris congé de notre hôte au moment où il accueillait la garde montante et retrouvé notre chauffeur de taxi d’hier avec qui nous avions fait affaire et convenu du prix d’une course devant nous conduire au poste frontière de Kasani entre le Pérou et la Bolivie, en l’absence de liaison par bus un dimanche à un horaire satisfaisant.
Partis finalement de Puno à 11h30, nous avons mis deux heures pour parcourir la distance. Le trajet n’a guère d’intérêt : étendue monotone dédiée souvent à l’élevage extensif, hameaux et villages sans aucun charme faits d’habitations sommaires en brique crue, routes en état très moyen.
À 13h45 (heure péruvienne) soit 14h45 (heure bolivienne), nous sommes passés à pied sous l’Arco de Kasani qui marque la frontière, en tirant nos valises, et devant la Capilla Virgen de la Natividad, chapelle bâtie juste après après l’arc. Les formalités de sortie du territoire péruvien et d’entrée dans le territoire bolivien ont été d’une étonnante facilité (personnel très aimable des deux côtés) quand on sait ce que l’esprit humain pour inventer ailleurs en matière de formalités longues, bureaucratiques et aléatoires. Nous gardons le souvenir de passages bien moins aisés entre les différents pays d’Amérique centrale, ou encore entre Oman et les Emirats arabes unis.
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| L’arche symbolisant la frontière n’est plus qu’à 100 m ! |
Nous découvrons un nouveau pays andin inclus dans l’empire inca avant la colonisation espagnole, multiethnique mais unitaire, d’un peu plus de 12 millions d’habitants et de 1 098 581 km2. Nous n’en verrons qu’un échantillon, n’allant que dans peu des neuf départements qui structurent le pays. Sa géographie est variée, comprenant des territoires de la cordillère des Andes, de l’Altiplano, de l’Amazonie et du Gran Chaco.
Un collectivo nous a déposés peu après au centre de Copacabana, cité située au bord du lac (province de Manco Capac). De là, nous avons gagné l’hôtel Las Olas, situé à mi-pente, et nous sommes installés dans l’agréable duplex qui nous hébergera pendant deux jours. L’hôtel est tranquille, à l’écart des bruits de la ville et offre une très belle vue sur le lac. L’architecte allemand a dû être influencé par Gaudi et Hundertwasser. Le résultat est très réussi. Nous avons pris un peu de repos avant de faire une reconnaissance en ville qui n’a évidemment rien de commun avec la célèbre plage de Rio de Janeiro. Copacabana semble ne pas avoir un grand intérêt architectural mais être une bourgade vivante, où se croisent paysans venus de toute la région, touristes et pèlerins. Déjà connu comme centre cérémoniel sous l’Empire inca, le lieu a conservé son aura sacrée : on y vénère désormais Notre-Dame de Copacabana, sainte patronne de la Bolivie, installée en sa grande basilique blanche que nous n’avons fait qu’apercevoir.
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| Le petit port balnéaire était assez animé en ce dimanche |
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| La variété locale du pop corn est très appréciée |
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| A l’intérieur aussi nous disposons de hamacs |
Après avoir pris un en-cas pour tenir jusqu’au dîner, nous avons préparé la suite de notre programme de 48h00 à Copacabana en prenant à l’avance les billets pour l’excursion de demain et pour le trajet vers La Paz mardi. Nous constatons non sans un certain soulagement que nous ne sommes pas seuls à peiner. Personne à cette altitude n’a l’idée de marcher vite, encore moins de courir. Le moindre effort coûte quand on n’est pas habitué. Le retour à l’hôtel nous a achevés et incités à opter pour l’option hamac jusqu’au dîner et là encore à choisir le restaurant de l’établissement voisin de notre hôtel, l’Hostal La Cúpula.
















Rendez vous en terre inconnue....quelle belle aventure....A votre retour sélectionner les photos et les films occupera vos longues soirées d hiver. .merci merci de nous permettre de voyager avec vous.Reposez vous de temps en temps .Bisous bisous Elisabeth
RépondreSupprimerHébergements insolites et magnifiques reportages, merci à vous deux et bises
RépondreSupprimerJ espère que vous allez mieux … et que vous allez rapidement retrouver le niveau de la mer.
RépondreSupprimerMerci pour ces belles photos ..et ces textes magnifiques… qui font voyager et rêver