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Machu Pichu (vendredi 7 octobre)

La journée consacrée au Machu Pichu nous laissera un souvenir mitigé. Il y a deux façon de la présenter. La première : un vieux rêve enfin réalisé dans un cadre mythique. La seconde : une expédition coûteuse et au final un peu frustrante… Mais cela reste une visite incontournable lors d’un voyage au Pérou…


Quand on séjourne à Cusco, il faut se lever tôt (4h50), trouver un taxi pour se rendre à la gare ferroviaire de Poroy, à 20 minutes du centre de Cusco quand tout va bien, pour prendre le « train des touristes » qui quitte Poroy à 6h40 pour Aguas Calientes, le terminus, qui sert de base arrière pour quiconque veut « monter au Machu Pichu ». José, notre chauffeur d’avant-hier, avec qui nous avons sympathisé, soucieux de se dédouaner pour son retard de mercredi, s’était proposé pour nous emmener à la gare de Poroy pour nous éviter du tracas. Nous avons apprécié. Jusque dans les années 1980, les touristes pouvaient emprunter les trains locaux pour un prix modique, mais, depuis que l’acheminement des visiteurs du Machu Pichu a été concédé à une société privée, les touristes n’ont plus accès aux trains locaux, ils ont droit à des wagons panoramiques, mais se voient imposer des prix d’autant plus élevés qu’il n’y a pas d’alternative, faute de route dans la dernière partie du trajet.



Le train pour autant n’a rien d’un express. Il roule à une vitesse comprise entre 30 et 45 km/h (le plus souvent 30) compte tenu de la configuration de la vallée, progresse à certains endroits en Z (il avance, s’arrête, recule, repart sur une voie plus basse ou plus haute), marque des pauses interminables là où la voie unique se dédouble pour permettre à deux trains de se croiser, klaxonne à tout va lorsqu’il traverse une agglomération ou aborde les croisements de route dépourvus (bien sûr) de passage à niveau. Bref un certain folklore, mais la possibilité de voir tranquillement le paysage varié, d’abord une grande plaine agricole très urbanisée, ensuite des gorges profondes à la végétation de plus en plus dense.


Après un arrêt à d’Ollantaytambo, il poursuit cahin caha sa route jusqu’à Aguas Calientes au confluent de trois vallées encaissées. La première impression en débarquant du train est d’être arrivé au bout du monde, dans une ville improbable, sortie de nulle part, faite de bric et de broc, à cheval sur la rivière qui la traverse, qui ne vit que du tourisme. Les rues ne sont qu’une succession de restaurants et de boutiques d’artisanat local, sans compter un vaste mercado qui leur sont consacrés.




Parvenus à Aguas Calentes, le visiteur a encore plusieurs obstacles à surmonter : se rendre à la station des mini-bus qui assurent une noria entre la ville et l’entrée au site du Machu Pichu, acheter des tickets dans un bureau ad-hoc et faire ensuite la queue pour embarquer. Cela peut prendre une heure ou deux à la pleine saison ! Par chance, nous n’avons pas eu ce problème. Un bon quart d’heure de trajet est nécessaire pour atteindre enfin l’entrée du site par une piste en lacets serrés. Bref, une épopée de quatre heures pour parcourir moins de 100 kilomètres pour la « modique » somme de 70€ (alors que le billet du train péruvien coûte 3€ !)

Tout arrive et nous franchissons le contrôle, munis de nos tickets électroniques achetés deux mois à l’avance, un délai moyen pour obtenir l’accès au site qui est contingenté. Là, il faut le reconnaître, malgré le temps couvert (et même quelques gouttes de pluie), on ne peut qu’être impressionné par la majesté du site et l’étendue de la ville qui accueillait, selon les archéologues, entre 400 et 1000 habitants (fourchette large !). On ne peut qu’être surpris par l’organisation générale de la cité, par l’architecture des maisons et celui des édifices religieux (temple du Soleil, temple du Condor). On ne peut qu’être stupéfait en apprenant que toute la terre arable qui constitue les très nombreuses terrasses, a été apportée de la vallée. 
















Les visiteurs doivent au moment de l’achat du billet choisir un des quatre circuits proposés et pas question de s’en écarter un tant soit peu pour voir tel ou tel édifice qui vous attire… Des cordes sont là pour vous limiter et les nombreux gardiens sont là pour vous surveiller et vous remettre sur les rails qui mènent progressivement vers la sortie, avec bien sûr interdiction de revenir sur ses pas…

Les plus placides sont les lamas qui se montrent indifférents à toute l’agitation qui les entoure, continuent de brouter l’herbe des terrasses imperturbablement ou digèrent tranquillement en ayant l’air de poser pour les photographes. Les plus agressives sont les mouches noires. Gare aux visiteurs qui viennent en bermudas ou en chemisette, elles ont tôt fait de leur arracher un minuscule morceau de chair qui mettra plusieurs jours à cicatriser… Prévenus, nous nous étions vêtus en conséquence et nous étions munis de la citronnelle protectrice.



Bref nous avons bouclé en deux heures et demi le circuit choisi. Et pas question de reprendre un autre circuit pour compléter sa visite. Autant charmés par la beauté du site que frustrés de pas avoir pu l’explorer à notre convenance, nous avons repris la navette et avons eu tout loisir, avant le départ du train, pour tenter de trouver un intérêt à Aguas Calientes.

Partant de la place centrale au milieu de laquelle se dresse fièrement un guerrier inca (devant lequel chacun se fait photographier), nous avons poussé la porte de la chapelle Notre-Dame del Carmen. Les limites du kitsch religieux sont ici repoussées incontestablement !






Nous avons fini par entrer dans un salon de thé où nous avons tué le temps en parcourant les livres sur le Pérou laissés à la disposition des clients et mettre à jour ce blog, devant un excellent cheesecake, avant d’aller errer dans le mercado et d’en ressortir avec des chapeaux. La train a quitté la gare dans les temps à 16h45. Le pire était à venir…

La cerise sur le gâteau s’est produite en effet dans la nuit noire, sur le coup de 18h00, sur la partie de la voie unique qui emprunte la gorge, là où il n’y a aucune route entre Aguas Calientes et Ollantaytambo : panne de la locomotive Diesel, train bloqué en pleine nature ! La seule solution a été de faire venir une locomotive (au bout d’un temps certain !) qui a pris sa consort malheureuse et ses wagons en remorque. Bilan : deux bonnes heures de retard et la dernière soirée à Cusco réduite à néant ! 

Si on fait l’impasse sur le dernier incident, on a tout de même l’impression que le Machu Pichu n’est pas seulement devenu une opération commerciale, mais un véritable racket au niveau de toutes les composantes de la visite in situ : train, bus, accès au site. Sans faire d’extra, ni de folie, il faut compter au départ de Poroy, 228€ par personne pour une visite partielle du Machu Pichu, et ce, sans guide (il aurait fallu prévoir 50 dollars en plus !). À noter que, pour préserver sans doute le business de ces guides, aucune documentation n’est mise à la disposition des visiteurs dans quelque langue que ce soit, aucune signalétique ne donne d’explication sur le site !

5 commentaires:

  1. Une journée inoubliable malgré les contraintes...le site est magnifique.Merci merci d avoir partagé votre rêve enfin réalisé. Bisous bisous. Elisabeth

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  2. Le Machu Pichu comme je ne l’imaginais pas !? Merci pour ce récit et les photos. Annouk

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  3. Un rêve réalisé on dit que cela n'a pas de prix ... en voici un exemple !
    Au final il faut conserver le positif en savourant la chance d'avoir pu réaliser ce rêve.
    Bises à vous deux et merci de partager ces moments

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  4. C'est comme à la sncf alors 😊 !! Nous aussi on a eu 2 heures de retard au retour de Charente. Ces petits aléas sûrement très énervants doivent être vite effacés par la beauté de tous ces sites et ces belles rencontres , dommage quand même pour la soirée à Cusco !!! Profitez et prenez soin de vous !! Bisous Dominique et Olivier

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  5. j'ai eu la chance de passer la nuit sur le site l'hôtel n'existe plus le rêve sans personne à partir de 16 h et le matin jusqu'à 10h pas de circuit pas de barrière la liberté la plus complète mais il y a bien longtemps bises à vous deux. ces paysages sont magnifiques profitez Françoise D

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