Le réveil a sonné comme prévu dès 6h15. Nous avons visiblement sorti du lit notre gentille hôtesse pour lui rendre les clefs peu avant 7h00, comme nous en étions convenus. Déplacement à l’aéroport, enregistrement des bagages, restitution de la voiture de location après un périple d’un peu plus de 800 km, se sont bien enchaînés.
Un peu retardé, notre vol Sky H2 421, a mis le cap plein sud à 9h20 pour franchir les 1146 km à destination de Puerto Natales. Nous continuons de nous rapprocher de la pointe sud du pays. Puerto Natales est à 4443 km de Lima, à 3230 km de San Pedro de Acatama et à 1050 km de Santiago du Chili.
La surprise a été d’ordre climatique. Il avait neigé la nuit précédente, comme en témoignaient les pentes des montagnes aux alentours revêtues d’une pellicule blanche, et un vent glacial soufflait à notre descente sur le tarmac du petit aéroport.
Déposés en taxi devant notre agence de location de véhicules, nous n’avons - bien évidemment - pas échappé au cauchemar de la prise en garantie de la location de voiture avec en prime le blocage par précaution par la banque de Sergio de toute nouvelle prise de garantie tant que la précédente n’était pas officiellement levée. La réactivité de Sergio et la patience de notre loueuse ont permis une fois de plus de surmonter le problème au bout d’une heure… Comment aurions-nous fait sans Sergio, sauf à avoir suffisamment de liquide en permanence sur nous pour faire face à ce genre d’imprévu ? Nous avons ensuite procédé à notre réservation d’autocar pour rejoindre l’Argentine lundi matin.
L’heure avançant, nous avons opté pour trouver un restaurant avec wi-fi, ce critère l’emportant sur tout autre… de sorte qu’Olivier a pu assurer bon an mal an la publication sur le blog de notre journée à… Valparaiso… Pas de chance un groupe d’une dizaine d’autochtones s’estimaient seuls dans le restaurant et le repas fut lui-aussi un vrai cauchemar… auditif. Le sang-gêne des groupes, quels qu’ils soient, pourrait être un thème de réflexion sociologique sous toutes les latitudes.
Bravant le vent, nous avons entamé une reconnaissance dans ce petit port tranquille aux maisons colorées, porte d’accès à la Patagonie chilienne sauvage et capitale de la province de Última Esperanza, nom donné au temps où cette région était très isolée. Nous étions en train de nous dire qu’il nous faisait un peu penser à certains coins de Norvège, quand nous avons vu flotter le pavillon norvégien à la poupe d’un navire de croisière de la compagnie Hurtigruten !
Le Museo histórico présente des photos et objets des ethnies indiennes de Patagonie et de la Terre de Feu (Kawésqar, Aónikenk, Selk’nam et Yagan). Le véritable génocide largement méconnu, dont ces populations ont été victimes après l’arrivée des colons européens au début du 20ième siècle est décrit en termes éloquents, archives à l’appui (existence de véritables « chasseurs » d’Indiens aidés de chiens et rémunérés « à la paire d’oreilles » (SIC), à la solde souvent de colons-ranchers soucieux d’éliminer tout obstacle au développement de leurs activités d’élevage extensif, empoisonnement collectif à la strychnine, incitation à l’alcoolisme etc.). Les ethnies indiennes de Patagonie ont complètement disparu en quelques décennies !
C’est avec beaucoup de honte que nous avons lu que la France avait eu sa part de complicité en présentant au public des Indiens de Patagonie lors des expositions universelles de 1881 et 1889 et de façon plus permanente dans une sorte de zoo humain au Jardin d’acclimatation de Paris ! Ces indigènes étaient kidnappés, se voyaient imposer de longs voyages pénibles, étaient exhibés, mouraient de maladies contractées en Europe, étaient victimes d’accidents, aucun ne revoyait son pays et leurs restes humains venaient souvent « enrichir » les collections anatomiques des universités et musées européens !
D’autres photos et documents témoignent de l’implantation et de la vie des colons, notamment de la famille Eberhard, le découvreur du Milodón. Un monument grandeur nature est érigé à l’intersection des routes pour Punta Arenas et vers le Parque Nacional Torres del Paine, à cet étrange mammifère préhistorique apparenté au paresseux, disparu il y a 8 000 ans dont on peut visiter la grotte, 25 km plus loin. À proximité, une sculpture contemporaine faite des cinq doigts d’une main émerge du sol… Ailleurs, près du port, un couple semble prendre son envol vers le fjord.
Nous avons pu nous installer dans notre nouveau logement vers 15h00. Aucun contact avec le loueur ou la loueuse, la clef était sur la table… Seuls deux chiens affectueux et plein d'énergie étaient là pour nous accueillir. Le logement est trés bien conçu et bien équipé avec de larges baies vitrées donnant sur la nature. Le réveil matinal, le vent nerveusement et physiquement éprouvant et… la sangria du déjeuner ont eu raison de notre énergie. Nous ne sommes ressortis que pour faire quelques emplettes alimentaires sous une bonne pluie… Pas d’internet, donc pas de publication ce soir, pas de courrier électronique ni d’infos sur l’actualité française et internationale ! Nous nous sommes réfugiés dans la lecture, une fois n’est pas coutume au cours de ce voyage…

















Ramenez-nous l'hiver dans les valises SVP ...
RépondreSupprimerBises
Ce n’est pas l’hiver !!! C’est la fin du printemps… Olivier
SupprimerUn grand merci à Sergio .Votre arrivée à Puerto Natales ressemble à celle que j ai vécue à Ushuaia en novembre 2007...
RépondreSupprimerL Argentine est un émerveillement permanent..préparez vous!Bisous bisous Elisabeth
Je viens de passer une bonne heure avec vous.... un peu de mal à revenir à Paris !! Magnifique ! Profitez et prenez soin de vous ! Gros bisous . Domi Rajo.
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